La Gauloise – Lustin (prov. Namur) – 21 juin 2009

Distances proposées : 20-36-48 km – chrono 70 km

Distance parcourue : 72 km

D+ : 1760 m

Vidéo du team BCH… où l’on m’aperçoit à la fin …à la buvette 😉

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Il a fait sec pendant plusieurs jours, jusqu’à ce dimanche matin… Alors que je me prépare, une grosse averse me pousse à mettre une veste de pluie dans mon camelback…
Et effectivement, c’est sous la pluie que je prends le départ de ce 70 km, mon vélo élégamment orné d’un numéro 111. Je roule seule aujourd’hui car Thierry a préféré rejoindre des amis sur une autre randonnée à l’autre bout du pays.
Cette randonnée de Lustin à la réputation d’être difficile et même dangereuse… personnellement je n’ai jamais eu l’occasion d’y faire une distance supérieure à 35 km. Cependant j’y ai fait ma première chute en 2001 lors de mes débuts, ce qui m’avait valu un look de boxeur pendant quelques jours. Toujours est-il que même si je connais la région et que je sais pertinemment à quel point on peut y tracer un parcours à la fois physique et technique, je ne m’en fais pas vraiment… justement parce que j’ai souvent roulé dans le coin… Et ce sera là mon erreur, car si j’ai souvent fréquenté ces sentiers, ce n’était jamais sur plus de 55 km, et de plus j’étais en meilleure forme qu’à présent.

En effet, cette randonnée de Lustin qui commence par nous faire redescendre dans la vallée, sera pour moi l’expérience la plus difficile, à ce jour, de cette saison 2009. Mon compte-rendu risque d’être fort imprécis car j’ai beaucoup souffert et je n’ai pas toujours retenu par où nous passions. Le parcours est très intéressant : peu de boue, une alternance de longues côtes et de descentes assez techniques, des passages sur les plus beaux singles de la région, des sentiers peu connus, le tout majoritairement dans les bois… les Bikers Mosans nous ont concocté un circuit magnifique… mais exigeant.

Les 30 premiers km se passent merveilleusement. La pluie s’est arrêtée assez rapidement et je suis passée en manches courtes. Je prends beaucoup de plaisir sur ce tracé varié, je roule tranquillement, les côtes ne me posent aucun problème et les descentes, bien que négociées à une allure plus que prudente, sont à ma portée. Je n’ai plus trop l’habitude de rouler seule, mais je me rends compte que ça me convient vraiment bien. Je n’ai pas cette tentation de suivre le rythme d’autrui (généralement plus rapide). De plus il y a assez peu de participants sur la première boucle spécifique au 70 km. Après le premier ravito situé en plein bois à 22 km, on reprend le parcours commun, mais il faut bien avouer que les bikers ne se bousculent guère sur les sentiers… Depuis le début je me dis que le fléchage est généralement bien visible, mais parfois une flèche en plus serait la bienvenue… confirmation peu après, je ne vois plus de flèche à une intersection en Y. Je choisis le chemin sur lequel on voit quelques traces de pneus… belle descente mais au bout de quelques centaines de mètres, voilà que le chemin s’interrompt net ! Me voilà donc à tout remonter, ce qui n’est pas si grave à ce stade de la rando. Un peu plus loin je vois les participants bifurquer… l’unique flèche était bien là, mais au ras du sol et à moitié cachée par les herbes.

Le deuxième ravito (km 32) est situé dans une ferme au sommet d’une côte sur route, que je gravis dans la roue d’un tandem. Autant en profiter car nous ne sommes qu’à mi-parcours et on a déjà bien joué aux montagnes russes… Les 14 km qui me séparent du 3ème ravito sont toujours aussi intéressants, mais malgré mon rythme « prudent », je commence à sentir un peu de fatigue dans mes jambes. De plus, ma vessie me joue un remake du Raid rançois… les arrêts sont fréquents et il semble que dans ces conditions, je me fatigue beaucoup plus. Ajoutons que le parcours se caractérise par un niveau technique supérieur à celui des quelques marathons auxquels j’ai participé ces derniers mois. Nous aurons notamment droit dans cette portion à un magnifique singletrack sur les hauteurs, qu’on enchaînera avec la très belle descente qui rejoint le collège Saint-Paul à Godinne. Du VTT haut de gamme, bien technique, portion dans laquelle je suis seule, ce qui n’est pas pour me déplaire vu que je manque de m’étaler en tentant de franchir certains passages rocheux.

Au 3ème ravito (km 46), on m’informe que je repars pour une boucle de 15 km avant de repasser à ce même endroit. On me propose, si je suis trop fatiguée, de skipper cette boucle. Non mais ça ne va pas ??? Je n’abandonne jamais, sauf gros problème… Et puis tous ces efforts pour ne pas voir ma participation validée au challenge O2MC, ça me ferait vraiment râler. Me voici donc repartie, digne, la tête haute… mais pas pour longtemps, car ces km seront très pénibles pour moi : je suis maintenant vraiment fatiguée… au km 49 je jette un coup d’oeil à mon altimètre, nous avons 1100 m de D+. J’ignore ce qui nous attend ensuite mais je sais que ça va être dur. J’ai encore le moral, par contre les jambes … sans parler du reste, car le terrain cassant que nous avons rencontré a fait son oeuvre, je commence à avoir mal partout.
Le 4ème ravito (61 km) est donc un deuxième passage au 3ème, et là, contrôle chrono. A ce stade, je suis vraiment grillée. J’ai envie d’en finir… je demande si ça va encore beaucoup monter et on me répond que non… Gros mensonge !!! En effet cette fin de parcours est tout aussi hard que le reste. Je suis tellement épuisée qu’à plusieurs reprises, alors que je suis en train de mouliner lamentablement, mes yeux se ferment… j’ai sommeil, par moments limite la nausée… j’ai mal au dos, aux mains, à tous mes muscles… Pour couronner le tout, voilà qu’au sortir d’un bois, il se met à pleuvoir. Vu mon état de fatigue j’enfile ma veste de pluie… heureusement ! en quelques secondes, c’est un véritable déluge qui s’abat. En quelques instants, tout ce qui n’est pas sous la veste en Gore-Tex est absolument trempé. La pluie dégouline dans mes yeux. Jamais roulé sous une telle drache, on n’y voit plus rien. La dernière descente s’est métamorphosée en ruisseau et comme je ne contrôle plus grand chose, je la fais à un rythme tortuesque en espérant ne pas valdinguer… L’averse ne dure qu’une dizaine de minutes, mais mon look est celui de qui a traversé une rivière à la nage 😉 . Un peu plus loin, je reconnais les lieux… il ne reste plus qu’une petite ascension sur route… Je ne souffre même plus tant je suis épuisée. A tel point que lorsque j’arrive, je confonds le stand de pains-saucisses avec celui de l’arrivée du chrono, ce qui amuse les quelques connaissances présentes… et à tel point que j’ai du mal à leur tenir des propos cohérents, je ne trouve plus mes mots. Dernier effort : le lavage du vélo, vu qu’un bike-wash déserté et efficace est disponible… avant la douche (tiède) et une boisson reconstituante régionale (la Gauloise), qui me permettront de reprendre figure humaine et de retrouver une élocution normale 😉 .

1760 m D+, 72 km, et une Nadine en décomposition, tel est le bilan de ce marathon qui mérite bien cette appellation. J’en profite ici pour remercier tous ceux qui m’ont encouragée et félicitée, ça fait du bien…

Points négatifs : concernant le balisage, quelques flèches de plus n’auraient pas été de refus

Points positifs : magnifique parcours, technique et physique; douches; bike-wash efficace; ravitos très corrects